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Du Rêve et encore du Rêve....

Salut Arnaud.

J'espère que tu vas bien. Quelques nouvelles en direct des glaces de la côte est du Spitzberg.

Bon ici, ça va, ça fait effectivement 10 jours que je suis seul on board, tout se passe bien.
J'ai eu la visite d'un ours hier, pendant 5 heures. Superbe. J'espère qu'Eric (le cap'tain de Vagabond) mettra en ligne sur son site (www.vagabond.fr) le récit complet que j'ai fait de ce moment (sinon, je peux aussi l'envoyer).

Je te transmets l'intégral du récit de nos fabuleuses aventures nordiques (en bas de mail). Pas de mise en page possible malheureusement...

Tu vas certainement trouvé ça trop long pour le site Prévol, alors coupe, garde les morceaux qui t'interessent le plus et fait comme cela t'arrange.
J'espère que tu as bien reçu les photos par ailleurs. Dans le cas contraire, Cornelius les a et peut te les renvoyer si necessaire. Encore désolé pour le temps qu'il m'a fallu pour parvenir à te fournir ces infos...

A bientôt. Je suis joignable sur cette adresse mail (que du texte, pas de fichiers joints stp).

Cornelius Strohm, Thierry Puyfoulhoux, Michael Charavin, accompagnés d'une 4ème ami, Francis Simonnet, se sont rendu sur les plateaux du Hardangervidda, dans le sud de la Norvège, du 11 au 27 avril dernier afin de kiter dans des conditions propices à la préparation de leur expédition prochaine au Groenland.
Lacs Holmetjonnan

Enfin ! Le grand beau, c'est terminé ! Le ciel bleu, la fournaise, dégagé !

- J'en peux plus de ces chaleurs et de cet anticyclone de m. C'est
pas que j'sois farouchement anti beau temps, mais là ça dépasse tout
entendement.

- Tu l'as dit, des hautes pressions comme celles des deux derniers
jours, c'est à faire déprimer un Norvégien !

Le diable soit loué, toute bonne chose a une fin ! Ce matin, le ciel est plombé, le thermomètre a encore un peu de mal à descendre sous le zéro, il fait doux, presque humide. Mais le grésil qui se met à tomber et le ciel qui s'abaisse nous remplissent d'un espoir nouveau. Un léger souffle orienté ouest-sud-ouest vient nous chatouiller les moustaches, le white out s' installe progressivement. Vive la purée de pois !!!

Faut-il qu'on soit devenu totalement cinglé pour en arriver à de telles considérations ?! Six mois plus tôt, j'aurais bénie les cieux pour avoir pareil temps de curé ! J'aurai brûlé toute ma collection de cierges pour bénéficier d'un temps aussi clément, j'aurai prié intérieurement pour ne pas avoir à me coltiner le plaisir d'une « nave » par jour blanc.
Pourtant, vu la tournure que prend la météo, je peux en être sûr, je vais y avoir droit. Or, à mon grand étonnement, cette perspective ne m'affecte même pas. A vrai dire, ce qui m'importe, ce qui nous importe, c'est le vent. Qu' il se renforce encore un poil, et ça va être tout bon !!

Ah, parce que non content d'avoir un ciel plombé, une visibilité réduite, et un grésil corrosif, il leur faut encore du vent ? Mais sont vraiment barrés les djeuns d'aujourd'hui !!! Ben ouais.

Faut dire qu'on trimbale dans nos valises des armes redoutables et d'un genre nouveau, censées nous assurer une progression rapide et ludique. Enfin, tout le contraire des techniques de ski que je me suis évertué à employer durant pas mal d'années de bourlingue dans le Grand Nord - techniques plutôt du genre poussives, voire laborieuses, et dont le plaisir de la glisse est à peu prés comparable au nombre de kilomètres parcouru quotidiennement : limité les bons jours, ridicule les mauvais.
Oui mais voilà : notre arme de progression massive, sorti des esprits fumeux de gourous et autres archanges de la glisse il y a une bonne dizaine d' année, n'a qu'un unique inconvénient : l'absolue nécessité de la présence de vent !
Or, depuis deux jours que nous parcourons monts et vaux du légendaire Hardangervidda - plateaux montagneux situés dans le sud de la Norvège, nouvelle Mecque du snowkite -, pas un poil de zef, pas une brise, pas même un brin d'air.
Résultat : on transgoutte à grosses spires, nous échinant à tracter nos pulkas pleine de victuailles et de matériel de camping, auquel ne manquent pas de s'ajouter une petite dizaine de kilos correspondant aux nécessité de notre nouvelle pratique (2 kites Ozone, un skisail ou parawing, un baudrier, un casque, des lignes de rechanges, que sais-je encore ?). Allez, soyons francs, j'en étais presque à regretter mais anciennes virées à ski nordique. Car, jusqu'à présent, qu'avions nous ressentis de plus sinon le poids superflu de ces kilos supplémentaires ?

- Hé les gars, on sort la 10 mètres, ça l'fait là !?

Francis, le plus impatient de nous quatre, n'y tient plus. Me positionnant
face à la brise, je jette un rapide coup d'oil à mon anémomètre :

- Y a 15 petits km/h de vent, pas plus. C'est limite, non ?

- ça va le faire, j'vous dis ! En tout cas, moi, je sors ma voile !

Instants de vérité. Une excitation mal dissimulé s'empare de nous, comme à chaque fois que l'on déballe ces foutus kites. On s'active, on se dépêche, histoire de ne pas rester en plan alors que les copains sont déjà sous les voiles - il n'y a pas pire situation que de rester planter là à défaire un paquet de nouilles tandis que, sur les bords de son champ de vision, le rideur en rade distingue les va et viens rageurs des copains kitant déjà comme des fous furieux !
Mais aujourd'hui se rajoute à l'excitation habituelle une dimension nouvelle : celle de progresser sous voile tout en tractant nos pulkas.
Chacun de son côté s'efforce de trouver le meilleur moyen pour attacher ses deux pulkas côte à côte et pour relier l'ensemble à son baudrier au moyen d' une longue corde munie d'un amortisseur de chocs. Ainsi attelées, les pulkas ne pourront se retourner et auront toute liberté de trouver leur propre chemin sans entraver la progression du skieur.

Je m'assure une fois encore que le matos est solidement sanglé sur les pulkas, et vérifie que l'attelage est convenablement arrimé ; je serre la jugulaire de mon casque et mousquetonne le chicken loop de la voile sur mon baudrier ; enfin, j'exerce une série de petites tractions sur les lignes avant. A 25 mètres sous le vent, les caissons s'emplissent d'air, le bord d' attaque de la voile se tend et s'arrondi, le kite monte droit dans la fenêtre. Franche secousse dans les reins. Yaaahoooooo, c'est partiiii !!!

Les premiers « 8 » avec la voile sont un peu laborieux, d'autant que chaque accélération de cette dernière nous donne une petite idée de ce que pouvait subir un condamné à mort par écartèlement : l'inertie propre à l'attelage oblige le kiteur à jouer le rôle peu enviable d'amortisseur !

Le ciel a encore dégringolé. C'est maintenant jour blanc. Ambiance. Je me retourne régulièrement pour contrôler le nombre de voiles : 3, tout le monde est là ! Thierry et Cornélius, suivi de Francis. Sans pulka, Francis ferme la marche et fait le Saint-bernard quand les copains sont dans la mouïse.

Franchissement d'une colline. Ça redescend, l'allure accélère, d'autant que nous prenons rapidement nos marques. Soudain, plus d'horizon : la neige des plateaux se fond dans le gris du ciel. J'écarquille les yeux : sur ma droite, je distingue vaguement une forme.

- M. ! une corniche. Maudit white out !

Je vire aussi sec et me retourne. Les copains ont-ils vu ? En tout cas, ils
virent aussi.

 

Langesjoen (Lac Long)

Je jette régulièrement un oil à ma boussole : nous suivons un cap grossièrement sud !

Grossièrement ??? Tiens, oui ! Pour une fois, je ne m'astreins pas à une navigation la plus précise possible. Evidemment, il reste un avatar incontournable : savoir où nous sommes. Or, le ciel a l'air de vouloir remonter d'un cran, nous offrant à nouveau une vision correcte du relief. La pression s'évacue ; dans ce contexte, je sais pouvoir me localiser de façon quasi instantanée. Pour le reste, je laisse le vent mener la danse.

Nous sommes maintenant au creux d'une large vallée et il n'y a plus aucun obstacle à des kilomètres à la ronde. Désormais, deux idées fixes : le vent et les voiles ! Et peu importe où cela nous emmène.

Ne pas savoir précisément où l'on va, voilà un sentiment fabuleux, une sensation délicieuse, l'expression même de la liberté.

La dépression, maintenant bien « rentrée », engendre des vents d' ouest-nord-ouest : temps de traîne, air cristallin, brise établie à 25 km/h sous les grains, trouées de ciel bleu, le soleil joue à cache-cache avec les cumulus du front froid. Des ailes nous poussent, le vent pousse nos ailes. Les regards se croisent, les sourires en disent long sur le plaisir d'être ici. Comme des gamins un peu surpris par la puissance insoupçonnée de leur nouveau jouet.

L'émotion creuse l'appétit. Nous affalons les voiles le temps d'un rapide casse-croûte. Mais les risées ont raison de notre impatience : il faut en découdre à nouveau, chevaucher Eole, boire le souffle frais jusqu'à la lie, en bouffer jusqu'à satiété. Nous laissons les pulkas en plan, avec une seule idée en tête : tirer ! Tirer des bords majestueux tout en tirant le meilleur profit de sa voile, sans jamais oublier de se tirer la bourre avec les copains. Les uns à côté des autres, selon des trajectoires parallèles, chacun de nous met tout ce qu'il a dans les tripes pour «bouffer » le voisin.

Vent plein travers, je trime une peu ma voile pour lui donner un poil de vitesse, puis la borde pour lui restituer un maximum de puissance. Instants magiques : le kite descend dans la fenêtre, les caissons se déforment sensiblement sous la pression de l'air et se gonflent à plein ; série de petites secousses dans les lignes, la voile vient se stabiliser 20 degrés au-dessus de l'horizon. En opposition dans mon harnais, pendu à 45 degré au-dessus du sol qui défile, j'appuis comme un dément sur mes carres. La neige, lisse et légèrement revenue en surface, est excellente et mes B3 encaissent parfaitement les appuis. Ça file. Par moment, ça file même très vite ! Heureux, libres et fous. Nous sommes les nouveaux rois du Hardanger !

 

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