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Mot de passe perdu ?

  

Snowkite sur le lac de Finse, Norvège Janvier 2007

1er séjour préparatoire au projet de traversée sud-nord du Groenland
(une expé Latitudes Nord)

Eric Hintermeier
Thierry Puyfoulhoux
Michael Charavin

    Janvier 2000. Tempête, vent, white out… Les dépressions nord-atlantiques balaient continuellement le Hardanger Vidda, plateaux du sud de la Norvège. Si l'enfer existe, il est blanc et c'est ici...

    Novembre 2006. Nous cherchons un coin de notre vieille Europe où nous pourrons trouver des espaces et des sensations proches de ceux que nous rencontrerons bientôt sur l'inlandsis groenlandais : peu de relief mais de la neige et du vent à satiété ! En résumé, un coin avec des conditions météo potentiellement exécrables ! Notre objectif est en effet de se familiariser à l'usage des kites dans un environnement... hostile.

    Intuitivement, sans même interroger les riders qui courent la planète à la recherche des meilleurs spots, je pressentais que les plateaux du Hardanger était le sésame du snowkite, le plus beau terrain d'entraînement qu’il soit à moins de 3000 km de la maison… Et, en effet, s’il existe un paradis pour snowkiters, il est certainement là-bas : pas d’arbres, pas de pylônes et de lignes électriques avec lesquels nos voiles aiment à flirter. Pas plus que de convives bariolés avec qui mélanger ses lignes. Aussi loin que le regard porte, ce ne sont que lacs gelés et plateaux enneigés. De l’espace !

    8 Janvier 2007, Gare ferroviaire d’Oslo. Nous sommes trois, Eric, Thierry et moi, en partance pour la toute petite station de Finse, quelques 300 km plus à l’ouest, au cœur de la chaîne montagneuse des Scandes, sur la bordure nord des plateaux du Hardanger.
    Quelques difficultés logistiques, une météo totalement… exécrable (c'était prévu !), et aussi, il faut bien l’avouer, un niveau kite plus proche du zéro que du Chasta, nous font rapidement prendre conscience que notre intérêt ne va pas forcement dans le sens d’une itinérance à travers les hauts plateaux. Bouffer du mauvais temps et tracter une pulka dans l'univers uniformément gris-blanc du white-out éternel des lieux, nous connaissons. En revanche, nous avons tout à apprendre de l'utilisation des kites.

    Hors, pour cela, nul besoin d’aller bien loin : le lac gelé et enneigé de Finse est un « petit » spot à faire pâlir d’envie les meilleurs sites de France : 1 bon kilomètre de large dans la portion congrue du lac, de la neige à ne plus savoir qu’en faire, des moraines sur les abords du lac pour les kiters « dégrossis ». Et puis surtout un vent quasi omniprésent, s’engouffrant dans cet entonnoir naturel qu’est le lac de Finse et ce, quelque soit la direction du dit vent.

    Au fil des jours qui passent (et qui passent vite : il n’y a qu’à peine 8 heures de jour en cette période de l’année), nous prenons rapidement quelques habitudes et tentons de calquer notre rythme sur celui d’Eole. Être sur le qui-vive : telle est la règle d’or du kiter ! Il faut attendre le bon vent. Et ici, attendre le bon vent ne signifie pas qu’il n’y a pas de vent, mais qu’il y en a trop !

    70 km/h… 50 km/h… 40 km/h… Ok, cette fois, c’est jouable. On sort la 6 m² : ça suffira ! Recouvrir de neige le bord de fuite de son Access, dérouler les lignes, resserrer les boucles des chaussures, enfiler le casque, chausser les skis, mousquetonner le chiken loop au baudrier et, enfin, faire décoller le kite au moyen de quelques légères tractions sur les lignes avants. C’est parti ! Le vent, inconstant sur cette partie du lac, oblige à faire naviguer la voile en de grandes circonvolutions pour lui donner la vitesse suffisante. Moment de doute : ne me suis-je pas fourvoyé dans le choix de ma voile ?  La 10 m² n’aurait-elle pas était plus appropriée ? Et ce p… de vent, évidemment, il est en train de tomber !?

    Une secousse ressentie dans les reins coupe court à ces interrogations ; je viens de rejoindre le milieu du lac et le vent qui arrive de l’ouest n’a maintenant plus rien d’inconstant. Ici, plus de doute, ça souffle pour de bon !

    Vent de travers. Pur bonheur : l’Access, complètement bordée, donne à plein ; bien campé sur mes skis, les carres mordant pleinement dans la neige, mon corps, en opposition à la voile, se couche presque sur la neige ; vitesse et sensation garanties...
    Virer de bord, remonter le long des moraines qui jouxtent la rive méridionale du lac et se servir de la pente pour accroître encore la vitesse de traction du kite. Au fil des jours naissent les automatismes, les mouvements se font plus efficaces et le plaisir toujours plus présent.

    Mais gare à l'erreur ! Un peu surtoilé avec un vent forcissant, et voilà qu'on fait moins le fier : dans ces moments là, je ne sais pourquoi, le skieur se crispe et invoque quelques dieux pour que sa voile remonte tranquillement en bord de fenêtre, afin de perdre de cette puissance pourtant tant convoitée. Mais la manoeuvre oblige à abattre et à gagner encore quelques kilomètres / heure. Et pour peu que la voile remonte un peu vite, c'est le vol assuré. Sans la grâce d'un Chastagnol... et merci Arnaud pour le casque !
    Et puis de rester sur le site de Finse nous permet de faire une rencontre pour le moins sympathique et opportune : Trygve est l'un des trois Norvégiens à avoir avaler les 2300 km de traversée sud-nord du Groenland en 21 jours, en 2005. A son contact, nous engrangeons une multitude d'informations techniques et logistiques tout à fait capitales pour notre préparation.

    Même s'il est évident que le chemin de notre préparation est encore long, le vent souffle désormais dans le bon sens. Nous retournerons bientôt sur ces hautes terres norvégiennes pour apprendre, encore et toujours apprendre. Suite au prochain épisode.

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