Quelques difficultés logistiques, une météo totalement… exécrable (c'était prévu !), et aussi, il faut bien l’avouer, un niveau kite plus proche du zéro que du Chasta, nous font rapidement prendre conscience que notre intérêt ne va pas forcement dans le sens d’une itinérance à travers les hauts plateaux. Bouffer du mauvais temps et tracter une pulka dans l'univers uniformément gris-blanc du white-out éternel des lieux, nous connaissons. En revanche, nous avons tout à apprendre de l'utilisation des kites.
Hors, pour cela, nul besoin d’aller bien loin : le lac gelé et enneigé de Finse est un « petit » spot à faire pâlir d’envie les meilleurs sites de France : 1 bon kilomètre de large dans la portion congrue du lac, de la neige à ne plus savoir qu’en faire, des moraines sur les abords du lac pour les kiters « dégrossis ». Et puis surtout un vent quasi omniprésent, s’engouffrant dans cet entonnoir naturel qu’est le lac de Finse et ce, quelque soit la direction du dit vent.
Au fil des jours qui passent (et qui passent vite : il n’y a qu’à peine 8 heures de jour en cette période de l’année), nous prenons rapidement quelques habitudes et tentons de calquer notre rythme sur celui d’Eole. Être sur le qui-vive : telle est la règle d’or du kiter ! Il faut attendre le bon vent. Et ici, attendre le bon vent ne signifie pas qu’il n’y a pas de vent, mais qu’il y en a trop !
70 km/h… 50 km/h… 40 km/h… Ok, cette fois, c’est jouable. On sort la 6 m² : ça suffira ! Recouvrir de neige le bord de fuite de son Access, dérouler les lignes, resserrer les boucles des chaussures, enfiler le casque, chausser les skis, mousquetonner le chiken loop au baudrier et, enfin, faire décoller le kite au moyen de quelques légères tractions sur les lignes avants. C’est parti ! Le vent, inconstant sur cette partie du lac, oblige à faire naviguer la voile en de grandes circonvolutions pour lui donner la vitesse suffisante. Moment de doute : ne me suis-je pas fourvoyé dans le choix de ma voile ? La 10 m² n’aurait-elle pas était plus appropriée ? Et ce p… de vent, évidemment, il est en train de tomber !?
Une secousse ressentie dans les reins coupe court à ces interrogations ; je viens de rejoindre le milieu du lac et le vent qui arrive de l’ouest n’a maintenant plus rien d’inconstant. Ici, plus de doute, ça souffle pour de bon !
Vent de travers. Pur bonheur : l’Access, complètement bordée, donne à plein ; bien campé sur mes skis, les carres mordant pleinement dans la neige, mon corps, en opposition à la voile, se couche presque sur la neige ; vitesse et sensation garanties... |